Mercedes GLC attaque l'Audi Q5


Le remplaçant du GLK poursuit un objectif simple : détrôner enfin l'Audi Q5, star des ventes de la catégorie des SUV familiaux. Et Mercedes a donné au petit nouveau les moyens de ses ambitions, que ce soit en termes de style, de technologie ou de motorisations. Premier contact. C'est dans le registre détendu qu’il affectionne, souriant et sans cravate, que Dieter Zetsche, moustachu patron du groupe Daimler, a levé le voile sur le Mercedes GLC, son SUV familial chargé de rivaliser avec les Audi Q5 et BMW X3. A cette occasion, 450 journalistes du monde entier ont été reçus à Metzingen, dans la région de Stuttgart, au siège de la société Hugo Boss, pour découvrir un modèle aux lignes nettement plus consensuelles que celle du GLK qui tire donc sa révérence. GLK dont le style très anguleux, évoquant sous certains angles un Command car militaire, pouvait déplaire à certains acheteurs potentiels. De fait, il s'en est écoulé 650 000 depuis 2008, quand l'Audi Q5, champion de la catégorie, s'est vendue à près de 248 000 exemplaires pour la seule année 2014. Impossible pour Mercedes de jouer les seconds rôles plus longtemps, alors même que son ML, en 1997, était un pionnier sur le marché des SUV routiers. Surtout, engagé dans le cercle vertueux d'une croissance à deux chiffres depuis plusieurs mois, le constructeur entend continuer à pousser son avantage avec des modèles correspondant mieux aux aspirations du public. Les lignes du GLC assument pleinement l'air de famille avec la Classe C. C'est fluide, dynamique, et l'on observe que les arches de roues - qui peuvent accueillir des jantes jusqu’à 20 pouces - reviennent à un style arrondi plus consensuel que celles du GLK, à section presque carrée. Long de 4,66 m (12 cm de plus que le GLK), le GLC correspond parfaitement aux canons de la catégorie: le X3 lui rend juste 1 cm, et le Q5 3 cm. En termes de largeur, le Mercedes mesure 1 cm que ses concurrents (soit 1,89 m). Mais il se montre un peu moins haut (1,64 m, contre 1,68 m à un X3), au bénéfice du style, plus ramassé, et de l’aérodynamisme. Ses dimensions accrues permettent au GLC d'offrir un volume de coffre de 550 dm3 (470 dm3 pour le GLK), voire 580 si l’on redresse les dossiers à la verticale. Les places arrière se montrent spacieuses (empattement rallongé de 11,8 cm), quoique l'on puisse s'y sentir un rien engoncé du fait de la combinaison entre une assise basse et une surface vitrée relativement faible. Conçu comme un break, le GLC se veut pratique: les dossiers de la banquette arrière, découpés en trois parties selon la formule 40-20-40, se rabattent en actionnant de l’index de simples tirettes, lesquelles sont disposées sur les parois du coffre et dans l’habitacle. L’allègement du GLC atteint 80 kilos par rapport au GLK, dont 50 kilos pour la seule carrosserie grâce notamment à l’emploi d’aluminium (ailes avant, capot, toit, etc.). Ceci bénéficie bien sûr directement aux consommations, abaissées jusqu’à 19% par rapport à celles du GLK. Tous les GLC reçoivent une transmission intégrale permanente 4Matic, qui dans des conditions normales de roulage distribue 55% du couple au train arrière. Les blocs diesel 220d (170 ch, 250d (204 ch) et 250 essence (211 ch), tous à 4 cylindres, s’acoquinent avec une boîte automatique à convertisseur dotée de 9 rapports, alors que le bloc essence hybride rechargeable - une première pour la catégorie, avec 34 km d’autonomie maximale en mode électrique - s’adjoint les services d’une boîte 7 rapports. Cette motorisation puissante - 221 ch thermiques auxquels s’ajoutent 116 ch électriques - ne sera toutefois pas disponible au lancement de la voiture, mais commercialisée en toute fin d'année. Avec un 0 à 100 km/h expédié en 5,9 secondes, il s’agira de la sportive de la gamme...en attendant l'inévitable déclinaison AMG. Pas de surprises dans la dotation high-tech de la voiture, qui peut recevoir - souvent en option... - tous les équipements disponibles à bord des Classe C, E et S. Nous vous en épargnerons donc une énumération fastidieuse, pour simplement mentionner le Distronic Plus avec assistant directionnel, qui permet à l’auto d’évoluer de façon autonome dans les embouteillages (une première à ce niveau de gamme), le système de stabilisation en cas de vent latéral, le parking semi-automatique, en créneau ou en bataille (ce qui n’est pas forcément un luxe sur une voiture de ce gabarit), ou bien encore l’affichage tête haute. Des suspensions pilotées Agility Control font partie de la dotation standard, tandis qu’un amortissement pneumatique (Air Body Control) est proposé en option, permettant notamment d’abaisser l’assiette du véhicule de 15 mm en conduite sportive ou au contraire d’élever celle-ci de 5 cm en tout-terrain s'il est associé au pack Offroad Pro. Avec ce pack, le GLC dispose d’un limiteur de vitesse en descente, de 5 programmes de conduite en tout-terrain, et d’une protection anti-encastrement sous le moteur. La garde au sol atteint 23 cm, l’angle d’attaque 31° et l’angle de fuite 25°. Pas de quoi transformer ce luxueux SUV en un véritable franchisseur, mais cela devrait lui assurer certaines prédispositions au baroud. Les commandes de la voiture sont d'ores et déjà ouvertes, avec une gamme de prix démarrant à 46 150 € en diesel, et les premières livraisons interviendront en septembre.