La lionne du désert !


26 ans après la 405 d’Ari Vatanen, c’est à nouveau une lionne qui remporte la course d’endurance la plus éprouvante du monde : le Dakar ! Zoom sur ce drôle d’engin. Au pied du podium de départ, installé dans l’enceinte du « Tecnopolis » de Buenos Aires, la Peugeot 2008 DKR impressionne. Quel engin ! Quand on se retrouve face à ce buggy râblé, on se rend compte tout de suite que Peugeot a décidé de jouer la carte de l’outsider à fond. Pas question de concurrencer « de face » les redoutables Mini et Toyota sur leur terrain pour affronter les 9.583 km de course. Peugeot Sport, avec son buggy deux roues motrices, mise plutôt sur l’originalité technique avec un couple débattement de suspension/pneumatique de camion comme atout. Dans les coulisses du rallye, juste avant le départ du prologue, cela a le don d’attiser les conversations sur le choix technique de Peugeot. Partir à l’assaut du désert avec une voiture à deux roues motrices ? Ce ne serait pas un peu fantaisiste ? Ventilateur Par contre, si le scarabée français est impressionnant à côté des Mini Countryman et autres Toyota Hilux qui, malgré leur préparation évidente, restent assez proches esthétiquement des modèles de série, côté sonorité, il n’y a pas photo. Le V8 5.0l essence utilisé par les Toy’, surclasse clairement le V6 diesel quand il s’agit de flatter les oreilles. C’est bien simple : le moteur utilisé par les buggys français est totalement silencieux. Quand la voiture avance, on n’entend que le sifflement du turbo et les hélices des ventilateurs de refroidissement. Voilà qui rend les déplacements de ce scarabée encore plus curieux ! C’est un choix technique destiné à ne pas trop perdre de puissance lorsque les spéciales dépasseront les 4.000 m d’altitude. Les moteurs à essence sont des atmosphériques (les moteurs à essence turbo consomment trop et ne permettent pas de couvrir les longues étapes) et perdront davantage de puissance à ces hautes altitudes. Les blocs diesel sont équipés de turbos qui permettent de compenser en partie le manque d’oxygène. Choix stratégique On sait maintenant, avec la victoire de « M. Dakar », Stéphane Peterhansel et les nombreux « scratchs » réalisés par le petit « débutant » Sébastien Loeb, que le choix stratégique de Peugeot s’est avéré payant. Mais, au départ de cette grande aventure, Bruno Famin, le directeur de Peugeot Sport, ne cessait d’expliquer les raisons du choix des deux roues motrices aux journalistes du monde entier. « Quand on a décidé de faire le programme Dakar, on a étudié le règlement technique et il présente trois différences importantes entre les deux et les quatre roues motrices. Les deux roues motrices peuvent être sensiblement plus légères. De plusieurs centaines de kilos ! Elles peuvent, en outre, avoir des plus grands débattements de suspensions. Cela permet de passer beaucoup plus vite dans les zones défoncées. Et, enfin, elles peuvent s’équiper de roues plus grandes ». Au bord d’une spéciale, la différence de comportement avec les 4 roues motrices est évidente. La Peugeot pique au freinage, en s’écrasant sur ses grands débattements de suspension, comme une vieille Mercedes qui aurait fait 25 fois le tour du monde ! Mais elle semble également voler au-dessus des pierres, comme sur un coussin d’air ! Choix marketing En plus, les deux roues motrices peuvent embarquer un système de dégonflage/regonflage des pneus en roulant. « Pas besoin de s’arrêter, avant d’affronter une dune, et descendre de la voiture pour le faire manuellement comme sur les quatre roues motrices. Notre 2008 DKR est donc particulièrement à l’aise dans les déserts. Même s’il y des crevasses, des trous, des bosses, elle peut passer très vite ». Pas trop, tout de même… On a vu que Sébastien Loeb a réalisé de belles cabrioles avec sa 2008 DKR en abordant une crevasse trop rapidement ! « L’inconvénient, bien sûr, c’est la motricité sur les relances. Cela peut être un handicap. Mais on a préféré prendre cette direction pour ne pas affronter de face les Mini ou les Toyota qui possèdent beaucoup d’expérience sur le Dakar. Et puis, côté communication et marketing, cela colle bien avec notre 2008 de série qui est une deux roues motrices ». Reste à voir si Peugeot profitera de l’effet Dakar pour vendre encore davantage de 2008 pendant la période salon !