Audi Q2 2,0 TDI 190 Quattro S Tronic 7


En attendant l'arrivée fort possible d'un SQ2 prochainement, voire même d'un RSQ2, la version la plus performante dans la gamme du petit SUV d'Audi est équipée du 2,0 TDI 190 ch. Est-ce suffisant pour faire oublier un ticket d'entrée frôlant les 35 000 € ? Les crossovers urbains sont une catégorie très fournie chez les constructeurs généralistes, avec notamment en têtes de gondole les Renault Captur et Peugeot 2008 pour ne citer qu'eux. Mais c'est par contre un marché où les premium brillent par leur absence. La Mini Countryman pouvait encore prétendre à l'appelation avec sa première génération, mais sa remplaçante, présentée au dernier Salon de Los Angeles en fin d'année dernière et qui fera son entrée dans les concessions le mois prochain, a dangereusement enflé de pas moins de 20 cm, à 4,29 m, ce qui la place désormais entre deux eaux et laisse l'Audi Q2 long de 4,19 m comme unique proposition, en attendant l'éventuelle réplique de ses meilleurs ennemis que sont BMW et Mercedes. Développée sur la plateforme MQB, l'Audi Q2 est la première voiture de la marque aux anneaux depuis fort longtemps à démarrer esthétiquement d'une feuille entièrement blanche et ça se voit. Ces dernières années, la marque allemande a été la cible de nombreuses plaisanteries sur la ressemblance très prononcée d'un modèle à l'autre rendant difficile leur identification au premier coup d'œil. Mais force est de constater que ce dernier venu fait preuve d'une originalité flagrante qui se voit particulièrement sur notre modèle d'essai. Et pourtant, cela ne l'empêche pas d'avoir puisé dans l'histoire glorieuse du constructeur puisque l'inspiration semble venir tout droit de la Quattro des années 80, avec ses faces avant et arrière très verticales, sa calandre presque rectangulaire, ses ailes gonflées et ses montants C triangulaires. En ajoutant aux porte-à-faux courts, l'ensemble donne une silhouette râblée, musclée, ce qui n'est pas sans rappeler le Range Rover Evoque et ses airs de bulldog. Les esprits chagrins feront cependant remarquer que les feux avant et arrière paraissent avoir été transposés directement de la dernière Volkswagen Polo. À l’intérieur par contre, toute velléité de rompre avec les habitudes disparaît soudainement, avec une planche de bord semblant empruntée telle quelle à une A3 Sportback. À moins de se servir généreusement dans le catalogue de personnalisation, c'est donc d'une sobriété monacale, mais cela reste cependant un très bel habitacle, avec une qualité de finition parmi les meilleures tant par l'assemblage que le choix des matériaux, et une excellente ergonomie. L'habitabilité n'a pas non plus été oubliée, puisque, grâce à un empattement de 2,6 m quasiment identique à celui du Q3, la place laissée aux passagers arrière se montre très généreuse à deux en rapport au gabarit, tout comme celle offerte à leurs bagages, avec un volume de 405 litres, et jusqu'à 1 050 litres dossier de banquette rabattue. Notre version est équipée du 2,0 l TDI dans sa version 190 ch, avec transmission Quattro et boîte de vitesses double embrayage S Tronic 7 obligatoires, ce qui a une influence directe sur la balance : à 1 480 kg pour une longueur de moins de 4,20 m, ce Q2 n'a définitivement pas l'IMC d'une ballerine. Mais avec une telle puissance, délivrée dès 3 500 tr/min, et une couple de 400 Nm de 1 900 à 3 300 tr/min, les accélérations et les reprises restent tout ce qu'il y a de plus musclées, avec notamment 7,3 s au 0 à 100 km/h. Dôté du châssis sport comprenant l'amortissement piloté et les modes de conduite Audi Drive Select (une option à 900 €) et du train arrière à quatre bras allant avec le Quattro, ce Q2 fait aussi preuve d'un dynamisme certain autorisant une conduite enjouée mais aussi d'un confort maîtrisé malgré les jantes de 19 pouces et pneus en 235/40. Le prix à payer sera à la pompe, puisque nous avons relevé un 8,0 l/100 km au cours de notre essai, ce qui commence à faire beaucoup. Il sera donc judicieux garder quelques économies après l'achat de la voiture elle-même, ce qui ne sera pas une mince affaire, puisqu'il faudra débourser un minimum de 34 800 € pour cette version dans sa finition de base à la liste d'équipements des plus succinctse, puisque composée essentiellement de jantes alliage de 16 pouces et d'une climatisation manuelle. Et même si vous allongez les 43 400 € réclamés pour le haut de gamme Design Luxe à la dotation exhaustive détaillée en page 2, il restera quelques lacunes à compléter dans le catalogue des options, comme l'alerte d'angles morts à 600 € ou l'aide au maintien dans la voie à 680 €. La ligne de notre modèle d'essai vous plaît ? Vous ne l'aurez pas non plus de série, puisqu'elle comprend le pack extérieur S-Line à 1 660 €, les jantes Audi Sport 10 branches de 19 pouces à 795 €, les montants C recouverts d'une peinture aluminium mat de 230 €, la peinture Rouge Tango métallisée à 800 € et la calandre gris platine à 170 €... Quel est le tarif final du Q2 que vous avez sous les yeux, doté aussi de l'affichage tête haute (680 €), de la sono Bang & Olufsen (610 €), de l'instrumentation numérique Virtual Cockpit (350 €), de la navigation avancée avec écran 8,3 pouces (1 440 €) ou encore du pack d'assistances à 980 € ? Pas moins de 53 000 € !