Volkswagen champion du monde ?


Avec 10,3 millions de véhicules vendus en 2016, le groupe Volkswagen ravit à Toyota la place de leader mondial. Pour autant, ce nouveau rapport de force est-il si évident ? Le dieselgate a-t-il vécu ? Seize mois après l’éclatement du scandale de fraude aux émissions polluantes, dont le coût pour Volkswagen est évalué à 18 milliards d’euros, le groupe allemand est désormais numéro 1 mondial avec 10,3 millions de véhicules vendus en 2016, contre 10,1 millions à Toyota. L’écart est faible, puisqu’il correspond à environ une semaine de production, mais le fait de franchir le seuil des 10 millions de véhicules revêt une forte charge symbolique pour VW. Reste que ce rapport de forces basé sur les seuls chiffres de vente ne doit pas occulter forces et faiblesses de l’un et de l’autre. Marchés : avantage pour Volkswagen grâce à la Chine... Les ventes de VW augmentent de 3,8% dans le monde, mais les résultats varient selon les zones. Si la progression de 4% en Europe est à saluer, les choses se compliquent aux Etats-Unis (-2,6%), conséquence directe du dieselgate, et surtout en Amérique latine, avec une dégringolade de 24,6% en Amérique latine (zone où tous les constructeurs souffrent). Ce sont les résultats de la zone Asie-Pacifique qui tirent vers le haut les ventes de l'Allemand: 9,7% de progression, et même 12% pour la seule Chine. La zone Asie-pacifique assure à elle seule près de 42% des ventes du groupe: une dépendance potentiellement périlleuse (même si les indicateurs restent au vert), qui repose de plus sur une âpre guerre des prix. Toyota a quant à lui connu une croissance de 8,2% sur le marché chinois l’an dernier, inférieure à celle du secteur (+15%), à quoi s’ajoute un fléchissement aux Etats-Unis (-2%). Surtout, le constructeur japonais est dans le viseur de Donald Trump pour ses importations, qui mobilisent selon lui « les plus grands bateaux qu’[il ait ] jamais vus ». Le Président américain s’élève ainsi contre un projet d’usine Toyota au Mexique, qu’est censé contrebalancer un investissement de 10 milliards de dollars en 5 ans dans ses usines américaines. « Trump représente un plus grand risque pour Toyota que pour Volkswagen car le constructeur allemand est moins dépendant du marché américain », résume un analyste interrogé par Bloomberg. ... mais avantage Toyota en termes de rentabilité Selon Bloomberg, les profits réalisés par Toyota entre le 1 avril (début de l’exercice fiscal pour le japonais) et la fin septembre 2016 sont plus de deux fois supérieurs à ceux réalisés par Volkswagen sur la période. Ce que confirment Les Echos, qui précisent ce mardi que Toyota gagne 1 602 € par véhicule vendu, contre 800 à VW. Or, la rentabilité – sacro-sainte marge opérationnelle qui détermine le rapport entre résultat d’exploitation et chiffre d’affaire – reste la donnée-clé. Pour mémoire, celle-ci s’était établie à 10% pour Toyota lors de l’exercice précédent, contre 6% à VW.