Dieselgate : les poids lourds aussi condamnés


Le diesel était autrefois la panacée et à présent, il est voué aux gémonies. Il faut dire qu’entre une réglementation européenne floue et un pouvoir politique intéressé, les constructeurs ont eu beau jeu de naviguer dans des eaux troubles qu’ils payent aujourd’hui. Tout le monde connaît un dieselgate qui continue à tailler dans le budget d’un groupe Volkswagen qui traînera ce boulet pendant encore longtemps. Tant dans ses comptes que pour sa réputation. Mais on parle moins des constructeurs de camions qui ont aussi eu droit à leur affaire. Les amendes sont également tombées. Mais entre l’impunité accordée au délateur et l’appel d’un acteur qui clame son innocence, il y a de quoi dire. L’affaire occupe la Commission européenne depuis 2011. Elle concerne les faits de coordination des prix, d’entente sur le calendrier relatif à l'introduction des technologies d'émission et la répercussion sur les clients des coûts des technologies d'émission. Une entente entre les marques de camions qui durait depuis 1997 et qui a été condamnée par une amende en juillet 2016 de 2,93 milliards d’euros. Une somme à répartir entre cinq constructeurs poids lourds : 1 milliard d'euros pour Daimler, 752,6 millions pour Daf, 670,4 millions pour le groupe Volvo/Renault, et 494 millions pour Iveco. Pour avoir révélé l’existence de cette entente, Man a bénéficié d’une totale immunité et a évité une amende de 1,2 milliard d’euros. Dans cette liste, il manque Scania. Et pour cause. La marque nie les faits. La Commission européenne estime en revanche que Scania a enfreint les règles de l'Union Européenne en matière d'ententes. Elle précise même : "pendant 14 ans, la société s'est entendue avec cinq autres constructeurs de camions sur les prix de vente des camions ainsi que sur la répercussion des coûts des nouvelles technologies visant à satisfaire les règles plus strictes en matière d'émissions". Compte tenu des dénégations du constructeur, il écope de l’amende maximale soit 880 millions d'euros. Scania a fait appel de cette condamnation. "Scania conteste fermement toutes les constatations et allégations formulées par la Commission européenne et fera appel de la décision dans sa totalité", explique le constructeur. "Scania souligne également qu'elle a coopéré pleinement avec la Commission européenne en lui fournissant des informations et des explications demandées pendant toute la période d'enquête", ajoute son communiqué.