Skoda Octavia RS245 : La mère de famille devient maîtresse sexy !


C’est la plus délurée et la plus puissante des Octavia de l’histoire. Avec 245 chevaux, ce modèle tente de prouver une bonne fois pour toute que la familiale tchèque n’est pas qu’un moyen de transport raisonnable, mais qu’elle peut également se muer en sportive acérée quand il le faut. Serez-vous convaincu ? Allez, grimpez à bord, on vous emmène faire un tour ! Il aura fallu d’une petite touche, d’un tout petit détail qui fait toute la différence : en doublant les phares avant, Skoda change la personnalité de son Octavia. Celle-ci n’en devient que plus agressive, surtout sur cette version RS qui rajoute l’arsenal habituel de toute sportive qui se respecte : bouclier retravaillé, jupes latérales, aileron arrière, sorties d’échappement mises en évidence, diffuseur et bien entendu, les jantes spécifiques de 19 pouces. Cela dit, l’ensemble respire la cohésion et même, une certaine discrétion… Sous le capot Attaquons-nous directement au cœur de la voiture : la bonne nouvelle, c’est que le facelift n’est pas que cosmétique puisqu’il revoit également les puissances de cette version RS à la hausse. Si le modèle TDI conserve sa puissance de 184 chevaux, les versions essence proposent désormais 230 et 245 chevaux, contre 220 ou 230 chevaux auparavant. Et 245 chevaux, c’est également la plus grosse cavalerie jamais proposée par une Octavia ! Pour que les choses se passent le mieux possible et que l’évolution ne donne pas lieu à trop de débordements, un autobloquant est intercalé entre les roues avant pour aider la motricité. Quelques chiffres Ce 4 cylindres turbo essence de 2 litres délivre donc la coquette puissance de 245 chevaux de 5.000 à 6.700 tr/min et un couple de 370 Nm de 1.600 à 4.300 tr/min. Ainsi parée, l’Octavia promet de solides chronos, dont un 0 à 100 km/h en 6,7 secondes qui paraît très prometteur et une vitesse de pointe limitée à 250 km/h ! Skoda propose deux transmissions : boîte manuelle à 6 rapports ou automatique DSG à double embrayage et 7 rapports. Dans les deux cas, la puissance déboule sur les seules roues avant. Très sage… Le premier contact est assez surprenant. Quand les concurrentes de la Skoda font une démonstration de force au démarrage en vociférant des vocalises rauques, en se montrant intraitables sur les pavés et en opposant une direction assez ferme, l’Octavia se veut aussi facile, douce et aseptisée que n’importe quelle autre version TDI. Décevant ? Non, rassurant. Car sur le chemin du boulot/crèche/école (biffez la mention inutile), de grand matin, vous n’avez pas forcément envie de vous coltiner un échappement-trompette qui réveille le quartier et qui vous tire de vos songes… Si les jantes de 19 pouces peuvent faire craindre le pire à vos lombaires, en pratique, l’amortissement est si tolérant que le tout se comporte de manière parfaitement civilisée. Pendant ce temps, le 4 cylindres émet une sonorité suggestive mais feutrée et civilisée (sauf sur le mode sport qui rajoute une inutile couche artificielle au travers des haut-parleurs), alors que la boîte DSG reste fidèle à elle-même : un rien trop brutale au démarrage mais généralement très rapide dans ses changements de rapports ! Allô, monsieur l’autobloc’ ? Où êtes-vous ? En conduite plus active, l’Octavia présente un vrai potentiel. Stable et rassurante, elle freine suffisamment fort pour calmer les débordements de testostérone. Le moteur, lui, fait preuve d’une fantastique linéarité, étant toujours guilleret, à 2.500 tr/min comme à 5.500 tr/min. La boîte manque parfois d’intelligence dans ses changements de rapports, voire se montre hésitante, mais il n’y a là, rien de vraiment rédhibitoire pour une voiture qui se veut également familiale. Quant aux amateurs de figures libres, sachez que l’Octavia se montre volontiers guillerette lors des levers de pied en courbe, avec un train arrière facilement « enrouleur », mais toujours facile à rattraper. La plus grosse surprise, elle vient du train avant. En inscription en virage, celui-ci se plante facilement sur la corde et présente un caractère incisif qui ravira les pères de famille sportifs. En revanche, chose curieuse, l’autobloquant se montre assez discret à la réaccélération. Même sur le mode sport qui régit le comportement du différentiel, les grosses gommes perdent de l’adhérence. Il faut croire que Skoda a préféré des réglages nettement plus sages à VW qui utilise le même ustensile pour sa Golf GTI et à Seat qui le reprend également sur sa Leon Cupra, ce qui se remarque aussi au niveau de l'amortissement. Budget Ce modèle est affiché à partir de 34.250 € en berline et à partir de 35.075 € en Combi. Si vous retenez cette dernière avec la boîte DSG, tablez sur un prix de base de 36.875 €. Un prix pas si raboté que ça, car une Ford Focus Clipper ST de 250 ch est proposée à partir de 32.150 €. Heureusement, les options de la Tchèque sont affichées à un prix raisonnable. A la pompe, notre modèle 245 à boîte DSG est annoncé à 6,4 l/100 km, soit 146 g CO2/km. Nous avons pour notre part relevé une consommation moyenne de 8,5 l/100 km en conduite souple, mais rapide. Un résultat correct au vu de la puissance et des performances. Le réservoir de 50 l octroie une autonomie d’un peu plus de 500 km. Conclusion Oui, la gentille mère de famille très rationnelle devient une maîtresse sexy. Mais elle conserve une grande décence, ne se livre qu’à son mari et ne se transformera jamais en bimbo délurée comme ses voisines. L’Octavia RS, même dans cette version poussée à 245 chevaux, garde ses bonnes manières. Skoda aurait pu la rendre plus caractérielle, mais le Tchèque a finalement opté pour le compromis le plus facile au quotidien. Et finalement, c’est sans doute une excellente option qui ravira les pères de famille nullement désireux de faire flamber l’asphalte sur tous leurs trajets.