La fiche de l'essai


Essai : Renault Zoé

le 25/09/2019 à 05h00

Nouvelle Zoé, puisque c’est ainsi qu’elle nous est présentée, ne l’est pas tant que ça puisqu’il s’agit de la deuxième évolution d’un modèle présenté en 2012. Il n’empêche, ses ventes en progression constante témoignent certainement de l’intérêt de la proposition et de la cohérence de la démarche !

D’un point de vue purement écologique, on pourra disserter longuement sur les choix posés par nos dirigeants encourageant l’obsolescence rapide de nos véhicules et privilégiant l’électricité comme carburant par des raccourcis surprenants. Le nombre singulier de Renault 4 croisées sur plus de 2.300km de départementales à la découverte de la France profonde me laisse à penser qu’un d’un pur point de vue d’impact environnemental sur la planète, parcourir 300 ou 400.000km sur trente ans au volant de la même (modeste) voiture montre bien plus de respect envers la planète que de changer de SUV tous les quatre ans, fût-il à chaque fois plus performant… 

Écologie à géométrie variable

Mais la décroissance ne semble guère à l’ordre du jour ! Il semble donc que l’avenir réside dans l’électricité, en omettant de s’appesantir sur l’exploitation sale et dispendieuse des métaux rares indispensables pour produire les panneaux solaires, les rotors des éoliennes ou les batteries des voitures électriques. Voulez-vous que nous parlions de l’attrait esthétique dans le paysage des éoliennes, dont chacune ne pèse pas loin de 7.000 tonnes de béton et de ferraille ? Rien que pour compenser sa propre empreinte CO2, elle va pouvoir tourner un bon moment : on estime les émissions globales en CO2 de l’industrie cimentière à 7 ou 8% de la production globale de CO2… Il faut encore garder en mémoire que la puissance moyenne, réelle et utile d’une éolienne fonctionnant toute l’année ne représente qu’un cinquième, celle d’une installation photovoltaïque seulement un sixième de la puissance installée… Une chose est vraie, pourtant : en ville, une voiture électrique laisse autour d’elle l’air plus respirable qu’un véhicule thermique. Alors, si véhicule électrique il doit y avoir, autant privilégier une petite citadine qu’un gros SUV pour lequel il faudra bientôt posséder le permis poids-lourds !

Du bon sens

La Zoé prend dès lors tout son sens et rencontre un succès mérité, avec plus de 160.000 unités produites depuis son lancement en 2012, qui représentent près de 20% des parts du marché européen. Renault a négocié très tôt le virage électrique, claironnant dès 2009 sa volonté de devenir leader dans la mobilité durable, avec une gamme complète dès 2012 (Fluence Z.E., LKangoo Z.E., Zoé et Twizzy). Bon, en même temps, leur pari de voir 1,5 million de véhicules électriques Renault et Nissan sillonnant les routes de la planète d'ici à 2016 a pris un peu de plomb dans l’aile : pour Renault, nous en sommes à un peu plus de 250.000 unités produites… Il n’empêche, Renault reste leader en Europe depuis quatre années consécutives et possède dix années d’expertise dans le domaine.

La Zoé est née avec une batterie de 22kWh et un moteur de 65kW (88ch). En 2016, la Zoé peut opter pour une batterie de 41kWh, tandis qu’un nouveau moteur de 80kW (109ch) prenait place sous le capot. Avec la nouvelle Zoé, Renault pousse le bouchon encore un peu plus loin : le moteur développe maintenant 100kW, soit 136ch, et la batterie voit sa capacité portée à 52kWh. Cette importante évolution technique s’exprime relativement discrètement : un capot redessiné, un bouclier plus expressif, un regard LED plus acéré avec la signature lumineuse en forme de C, des feux rouges… rouges, une calandre plus expressive avec un losange agrandi, quelques nouvelles teintes ou encore un plus large choix de jantes, allant du 15 au 17 pouces. Un restylage tout ce qu’il a de plus classique au bout de quelques années… 

Recyclage et circuits courts

L’habitacle bénéficie au contraire d’une refonte en profondeur avec une toute nouvelle planche de bord. Elle inaugure un écran conducteur 10 pouces à affichage multiple et adopte l’écran multimédia tactile en mode portrait pour accéder à la navigation et à l’infodivertissement. La qualité perçue progresse remarquablement et, joli clin d’œil au recyclage et à l’économie circulaire, le bandeau central reprend le tissu de la sellerie, réalisée à partir de chutes de tissu, de ceintures de sécurité et de bouteilles en plastique. Exécuté suivant le procédé traditionnel du cardage sans traitement thermique ou chimique, il réduit de 60% son empreinte CO2. La Zoé embarque 22,5 kg de plastique recyclé, dont quelques pièces visibles de la planche de bord. 

Notons encore parmi les diverses évolutions la disparition du levier de frein à main remplacé par le frein de parking automatique, le levier de vitesse pouvant basculer entre le mode « Drive » classique et le mode « Brake » offrant plus de frein moteur et donc la conduite « une pédale » mais aussi quelques évolutions de confort comme la charge à induction pour les smartphones, un pare-brise acoustique et quelques isolants phoniques plus généreux. Pour le reste de la vie à bord, guère de changements : les plus grands auront toujours la tête aussi proche du ciel de toi sur la banquette arrière, elle même juchée sur la batterie.

AC/DC

Techniquement, l’augmentation de la capacité de la batterie n’a pas augmenté la taille de celle-ci. Encore plus intéressant, la Zoé peut se voir équipée (en option, sans doute pour un millier d’euros) d’un boîtier qui permet des recharges en courant continu jusqu’à 50kW, en plus des recharges en courant alternatif allant de 2,3 à 22kW. De quoi parer à toutes les cas de figure, de la recharge au domicile aux stations de recharge des parkings et autres centres commerciaux, en passant par les stations de charge rapide DC des stations d’autoroute, procurant jusqu’à 150km d’autonomie en ½ heure. Le losange en bout de capot abrite dorénavant une prise Combo (CCS) se composant d’une prise au standard européen et d’un connecteur à deux broches pour le recharge en courant continu.

Le terrain de jeu choisi par Renault ne comprenait intelligemment que de très jolies routes accidentées donnant la part belle aux accélérations et aux ralentissements, de quoi récupérer un maximum d’énergie. Et les chiffres WLTP annoncés, soit une autonomie de 386km, furent dans ce cas fort proches de la réalité : après un parcours de 230km, il nous restait 150km d’autonomie, avec une consommation affichée de 12,7kWh au terme de l’essai. La musique serait sans doute différente sur un parcours autoroutier mené à 120km/h mais ne boudons pas notre plaisir, la nouvelle Zoé peut pointer le bout de son nez hors de la ville ! Mieux encore, elle s’avère tout-à-fait plaisante à vivre. On ne vous refera pas l’article sur l’agrément d’une motorisation électrique, silencieuse et exempte de vibrations. L’accélération immédiate que procure le moteur permet des dépassements éclairs dans une sérénité que les voitures premiums et leur boîte automatique ou robotisée n’approchent pas. Le poids conséquent (1.500kg) ne se ressent guère puisqu’idéalement placé au ras du sol entre les essieux, de quoi s’amuser sur les petites routes accidentées de notre parcours d’essai.

Conclusion

Malgré son âge, la Zoé reste une proposition séduisante. Son habitacle habilement rafraîchi la rend agréable à vivre, ses prestations routières aussi. Côté équipements, elle a dorénavant droit à toutes les assistances à la conduite et à la connectivité requises. Les esprits chagrins regretteront une apparence qui n’a guère changé depuis ses débuts en 2012 et qui risque de pâtir de la confrontation avec la nouvelle Peugeot e-208 ou la VW ID.3. Mais contrairement à celles-ci, la Zoé peut s’acheter sans les batteries qui sont alors louées par Renault, un bon moyen pour faire passer la pilule de l’achat…