La fiche de l'essai


Essai : Citroën ë-Berlingo

le 16/11/2021 à 08h38

Après l’ë-C4, la marque aux chevrons nous revient avec une déclinaison 100 % électrique de son ludospace le plus populaire. Un ë-Berlingo dénué de toute émission nocive qui ravira les familles nombreuses en quête d’un véhicule à la fois propre et pratique.

Dévoilée en 2018, la troisième génération du Berlingo a hérité d’une plateforme de dernière génération, qu’elle partage notamment, pour sa partie avant, avec le Peugeot 3008. Baptisée EMP2, celle-ci a permis au modèle de faire de beaux progrès en termes de confort, de précision de conduite ainsi que de tenue de route. Et si jusqu’à présent il fallait se contenter d’un choix de motorisations réduit (1.6 PureTech essence en 110 et 130 ch, et 1.5 Blue HDI en 100 ou 130 ch), le catalogue 2021 s’enrichit d’une version 100 % électrique qui se reconnaît par une plastique légèrement différente, à l’image de sa calandre pleine et de logos spécifiques.

Greffe réussie

Tout comme son cousin le Peugeot e-Rifter, l’ë-Berlingo embarque un moteur électrique de 136 ch (100 kW), alimenté par une batterie de 50 kWh qui assure une autonomie de 280 km (selon le cycle WLTP). Bonne nouvelle, vu que la batterie a pu être implantée sous le plancher du modèle, son habitabilité n’a en rien été amputée, tout comme le volume de son coffre. Le modèle conserve donc ses mille et un aspects pratiques, à commencer par ses nombreux espaces de rangement (26 pour être exact), tant au niveau du plancher que du plafond, ou quelque 60 litres sont disponibles à portée de main. À ce titre, Citroën n’est pas peu fier d’annoncer que l’habitacle compte quelque 4.000 l de volume utile ! Un vrai déménageur cet ë-Berlingo !

Outre un espace royal, le modèle préserve également sa modularité légendaire tout comme sa facilité d’utilisation, à l’image des trois sièges de la banquette centrale qui disparaissent en un tournemain sous le plancher ou du siège avant droit qui se replie totalement. Bon point aussi pour le hayon dont la vitre peut s’ouvrir indépendamment  (en option) ou pour la tablette escamotable logée dans le coffre, à même de supporter une charge de 25 kg. De quoi organiser un pique-nique en pleine nature ou changer le lange d’un enfant. Sachez enfin que l’ë-Berlingo est aussi disponible dans une version XL, forte d’une longueur rehaussée de 35 cm.

Pour ce qui est du nombre de place, le modèle embarque cinq passagers dans sa version de base mais deux sièges supplémentaires peuvent être ajoutés en option au niveau du coffre. La version XL, elle, reçoit ces deux sièges de série.

Dans la moyenne

Tout qui envisage l’achat d’un véhicule électrique veut connaître le rayon d’action du modèle considéré ainsi que son temps de charge. Avec une autonomie annoncée de 280 km, l’ë-Berlingo s’inscrit dans la moyenne du segment. Le conducteur est à même de moduler l’usage qu’il fait de son véhicule grâce à trois de modes de conduite : Normal (109 ch), Eco (82 ch) et Power (136 ch). Tous trois voient la vitesse maximale limitée à 135 km/h. Des trois modes essayés, l’option économique est forcément moins punchy que les deux autres mais, pour un usage urbain, celle-ci  fait parfaitement l’affaire sachant que le couple disponible en Eco (180 Nm) est disponible immédiatement, mécanique électrique oblige. Durant un essai d’une bonne heure, en combinant les trois modes de conduite et en alternant routes de campagne, ville et voies rapides, notre consommation a tourné autour des 15 kWh/100 km, sachant qu’on n’a pas conduit avec un œuf sous le pied. Avec la batterie de 50 kWh à pleine charge, le modèle offre donc une autonomie proche des 300 km, sachant que la climatisation n’était pas enclenchée, les phares éteints et que le véhicule n’embarquait qu’un passager.

Quid de la recharge ?

Pour ce qui est de la recharge, tout dépend sur quel type de borne vous pouvez compter. Sur une prise classique (16 A), il faudra compter 15 heures pour passer de 0 à 100 % de charge. Une wallbox de 7,4 kW vous permettra d’en faire de même en 7h30 tandis qu’un modèle de 11 kW, le fera en cinq. Enfin, un point de charge rapide (100 kW maximum) permettra à la batterie de récupérer 80 % de sa charge en à peine 30 minutes. Notez que le modèle dispose de deux prises : une première de Type 2 qui permet de recharger la batterie à l’aide de courant alternatif et une prise Combo CCS pour le courant continu.

Pour optimiser encore un peu plus l’autonomie, on peut aussi activer la récupération d’énergie en pressant simplement le bouton "B" placé sur la console centrale. Une fois celui-ci engagé, le groupe motopropulseur récupère l’énergie cinétique lors des phases de freinage et de décélération et épargne ainsi la batterie.

Sur la route

Prendre le volant d’un véhicule électrique est toujours une expérience intéressante, surtout lorsqu’on a l’habitude de conduire une auto conventionnelle. Et c’est bien entendu le silence de fonctionnement qui est le plus impressionnant. Un excellent test pour la qualité d’assemblage, le bruit et les vibrations d’un moteur à combustion n’étant pas là pour étouffer grincements et autres couinements. Dans le cas de l’ë-Berlingo, et malgré qu’il s’agisse initialement d’un utilitaire, force est de constater que la finition ne souffre d’aucun défaut majeur, que du contraire. Même un nid de poule ou un casse-vitesse ne vient perturber le silence de cathédrale qui règne au sein de l’habitacle du modèle. Beau boulot !

Autre bon point : l’agrément de conduite et l’équilibre global distillé par le modèle. L’implantation des batteries dans le plancher contribue en effet à procurer un centre de gravité digne d’un coupé sportif ce qui permet à l’ë-Berlingo d’évoluer parfaitement à plat tout en faisant preuve d’un dynamisme et d’une agilité étonnants pour un ludospace. Le modèle est, du coup, particulièrement fun à piloter au quotidien !

Sécurité

Citroën n’a pas lésiné sur la sécurité de son nouveau Berlingo. En effet, le modèle dispose de 18 technologies utiles à une conduite à la fois sure et sereine. Parmi celles-ci, on peut citer le système d’alerte de franchissement de ligne, l’alerte d’attention au conducteur, l’alerte "pause café", le contrôle de stabilité de la remorque, la reconnaissance de panneaux de signalisation ou encore le système de surveillance des angles morts. S’ajoute à cela une série d’équipements qui seront très appréciés au quotidien comme l’affichage tête haute, l’aide au démarrage en côte, la caméra de recul et le régulateur de vitesse.

Combien ça coûte

Trois niveaux de finition sont proposés pour le Citroën ë-Berlingo : Feel et Shine Pack pour le modèle classique et Shine pour la version XL. D’ores et déjà bien équipée, la Feel embarque notamment la climatisation, une radio numérique avec écran 5 pouces, les deux portes arrière coulissantes, un kit mains libres Bluetooth avec USB ou encore les rétroviseurs électriques chauffants. Shine et Shine Pack ajoutent la lunette arrière ouvrante, quatre lève-vitres électriques, le système Connect Play avec son écran tactile de 10 pouces ou encore les trois sièges arrière indépendants escamotables.

L’ë-Berlingo Feel est proposée à 38.150 €, le Shine Pack à 40.980 € et le Shine en version XL à 41.330 €.

Notre verdict

Le nouveau Citroën ë-Berlingo fait preuve d’une efficacité remarquable. Un ludospace hors norme qui, forcément, à un prix. Celui-ci est néanmoins à relativiser une fois les éventuels bonus et exemptions de taxe pris en compte. La marque aux chevrons annonce en outre un coût d’entretien environ 30 % inférieur à un Berlingo classique. Autant dire qu’un petit calcul s’impose, surtout si, comme 80 % des propriétaires de ludospace, vous effectuez moins de 200 km par jour !