La fiche de l'essai


Essai : Alpine A110

le 18/08/2022 à 06h43

La sportive française est repassée sous le bistouri des ingénieurs. Si, si, on vous jure ! Et elle est désormais plus convaincante que jamais…

L’heure de la mise à jour a sonné pour l’Alpine A110. Certes, en matière de design, aucune évolution n’a été apportée sur la petite sportive française. Pare-chocs, optiques, sièges, volants, rien ne change entre les voitures sortant précédemment et actuellement de l’usine de Dieppe. Le constructeur a principalement amélioré le système de l’écran central de 7 pouces : mise à jour à distance, Apple CarPlay et Android Auto sont désormais de série. Et elle en avait bien besoin ! Dommage qu’il soit toujours aussi petit… La marque française en a également profité pour harmoniser la totalité de sa gamme. Gamme que nous avons eu la chance d’essayer en entier !


 

 

Benjamine agile au jeu de jambes affuté

Pas de panique les puristes, l’Alpine originelle n’a pas disparue du catalogue. Et elle boxe toujours dans la catégorie poids léger avec seulement 1.102 kg sur la balance ! Mais avec son 4 cylindres de 1.798 cm3, 252 ch et 320 Nm de couple, disons qu’elle ne peut pas compter sur son moteur pour porter le coup fatal. Avec sa belle allonge et pas désagréable à l’oreille, ce quatre pattes est toutefois loin de faire tache dans la Française, tout comme les palettes de la boîte à double embrayage à 7 rapports fixées à la colonne de direction. Cependant, le vrai point fort de cette version d’entrée de gamme, c’est son jeu de jambes !

Toujours à l’affut, sa suspension absorbe à merveille les déformations du bitume pour garantir un maximum de traction. À la première inclinaison de la direction, l’A110 se place parfaitement sur ses appuis pour enchainer les courbes comme peu savent le faire. Son assiette est loin d’être immobile ce qui permet de véritablement ressentir le niveau d’adhérence de ses caoutchoucs. Et même lorsque l’on dépasse ses limites, elle reste progressive. C’est probablement un peu cliché, mais à son volant, conducteur et machine ne font plus qu’un et l’on y resterait bien des heures à enchainer les kilomètres !

Une ainée puissante qui sait donner des coups !

Boxant toujours dans la catégorie poids léger avec ses 1.109 kg, au volant de l’A110 S, on se retrouve dans une sportive nettement plus radicale. Son même 1,8 litre a été porté à 300 ch et 340 Nm de couple ! Celle-ci, donner des coups, elle sait faire ! Bien qu’elle n’atteigne les 100 km/h que 0,3 s plus vite, on sent immédiatement que son bloc a plus de punch. Il est d’ailleurs le seul à pouvoir culminer, en option, à 275 km/h !


 

 

Malheureusement, la « S » est moins convaincante sur routes ouvertes. À l’attaque d’un col de montagne ou, dans ce cas-ci, sur les routes de campagne de Normandie, son jeu de jambes plus raide ne lui permet pas de se placer aussi bien que sa petite sœur. On ne sent plus vraiment la caisse bouger pour prendre ses appuis. Ce qui peut rendre cette version « S » plus traître : difficile de déterminer si elle est bien placée au moment d’envoyer la sauce. Si ce n’est pas le cas, le train arrière n’hésitera pas à décrocher de sa trajectoire pour le faire savoir. 

Sa suspension spécifique plus rigide et rabaissée de 4 mm préfère largement les courbes et le tarmac de la piste. Surtout lorsqu’elle est équipée de pneus semi-slick et du kit aéro inédit lui offrant 141 kg d’appuis supplémentaire ! Bref, son ring de prédilection à elle n’est pas délimité par des cordes ou des champs, mais plutôt par des vibreurs !  


 

 

Le juste milieu de la fratrie 

Finalement, la GT, c’est le meilleur des deux mondes : le jeu de jambes de la benjamine et l’uppercut de l’aînée ! Quoi de plus logique puisqu’elle reprend la suspension souple de la première et le puissant moteur de 300 ch de la seconde. Sur la route, son châssis est juste ce qu’il faut de mobile pour se défaire d’un tarmac en mauvais état et se placer parfaitement en virage, alors que son moteur la catapulte en sortie de courbe ! Elle n’a pas usurpé son appellation de GT capable de parcourir de longue distance. On enchainerait bien les kilomètres par centaines à son volant, et si possible sur routes sinueuses ! Un véritable régal ! 

L’habitacle de cette version est également le plus raffiné. Les sièges baquets uniquement réglables en profondeur des deux premières versions font place à des assises en cuir légèrement moins enveloppantes et réglables manuellement sur 6 voies. Si ce n’est pas du luxe ça ! La plupart des surfaces que l’on touche sont également recouvertes de cuir. Seul petit bémol à tout ce « raffinement », cette version de la Française a pris un peu d’embonpoint pour totaliser 1.119 kg sur la balance. 


 

 

Combien ça coute ? 

Les tarifs de l’A110 débutent à 60.700 €. Pour ce prix, Alpine vous offre le petit moteur de 252 ch, 4 roues, une carrosserie, 2 sièges, un volant et c’est à peu près tout. Il faudra par exemple débourser 440 € pour l’aide au stationnement arrière ou encore 520 € pour un rangement supplémentaire entre les sièges ! Rappelons que la sportive française ne dispose même pas de boîte à gants… 

Allonger 70.650 € vous donne accès à la GT. Cette fois, le constructeur est plus généreux et la plupart des options concernent la personnalisation, à l’exception du rangement entre les sièges toujours facturé 520 €… La version S est affichée à partir de 72.750 € auxquels il est possible de rajouter près de… 20.000 € d’options ! Le toit en fibre de carbone à plus de 3.000 €, les pneus semi-slick à 750 € et le kit aéro à 5.450 € font fortement grimper la facture !


 

 

Notre verdict 

L’A110 est toujours la sublime sportive que l’on a découvert en 2017. Légère et agile, cette mise à jour de mi-carrière lui a simplement permis de s’améliorer en matière de connectivité et d’harmoniser sa gamme : une version d’entrée de gamme dépouillée pour les clients en recherche de sensations pures, une GT pour les plus raffinés et une sportive pour les radicaux ! La Française est plus convaincante que jamais à une époque où les sportives s’alourdissent de jour en jour à grand coup d’électrification. Espérons d’ailleurs qu’Alpine réussisse cette transition pour le moins délicate…